L'avis du jury du concours d'architecture sur le site

A la lumière des visites effectuées sur le terrain et de l’éclairage historique réalisé en 2003 sur demande du maître de l’ouvrage, le jury du concours d'architecture a relevé que le site de Bellerive-Ouchy avait subi d'importantes transformations au fil des années.
Le paysage naturel urbain du secteur présente visuellement une part prépondérante de constructions, d’infrastructures, d’espaces revêtus à la hâte ou bâtis, façonnés par une volonté esthétique de l’homme, à travers un urbanisme défini souvent dans la précipitation depuis le XXe siècle.
Le développement des travaux d’infrastructures pour l’Expo 64, le déplacement des ateliers navals de la Compagnie générale de navigation (
CGN) puis du chantier de la Sagrave (sable et gravier) plus à l’ouest en ont accéléré l’évolution dans les années 60. Bellerive-Ouchy a quadruplé de surface. Depuis, la morphologie des lieux n’a plus subi de bouleversements.

L’aménagement du littoral, par des remblais successifs depuis l’avenue de Rhodanie (récente elle aussi, puisque créée en 1937) recouvrant l’ancien fond lacustre et atteignant des profondeurs de 5 à 9,5 m, a créé de nouveaux profils de rives, avec des digues importantes pour lutter contre les effets de l’érosion.
Les rives naturelles n’existent plus et on ne peut plus les retrouver. Les aménagements particuliers, jetées, pavillons d’amarrage et chemins de halages, ainsi que l’esplanade semi-circulaire de Bellerive-Plage se sont, par étapes successives, retrouvés complètement noyés dans la masse de ces comblements.

Le jury a constaté que les rives artificielles du côté de Bellerive-Plage ont été stabilisées de manière harmonieuse et revalorisante, alors que, du côté naval, celles-ci ont été traitées d’une façon purement fonctionnelle, laissant ainsi le site du futur Musée non défini et donnant l’image d’un terrain en attente.

Fort de ces constats, le jury a décidé de définir un périmètre de construction suffisamment souple pour le futur musée, convaincu de l’opportunité de laisser aux concurrents la liberté de concevoir enfin un aménagement de cette rive pour en faire un lieu différent, un espace de rencontre et de détente culturelles, ne suivant pas formellement les rives actuelles marquées par une "artificialisation" et banalisation presque totale du rivage.

Le périmètre du concours pour des constructions a donc été ouvert sur le lac pour un nouvel aménagement en adéquation avec le musée et son voisinage, la piscine de Bellerive et le site de la CGN ; ceci toutefois dans une proportion raisonnable et à la condition pour les concurrents d’agir avec discernement en prenant en compte l’impact technique et financier des ouvrages ayant une emprise sur le lac.