Petite histoire des sceaux
Du cylindre mésopotamien à la matrice métallique: une petite histoire du sceau
Traditionnellement associé aux représentations du Moyen Age, le sceau a une origine très ancienne. Plus de 4000 ans av. J.-C., avant même l’invention de l’écriture, il apparaît en Mésopotamie sous forme de bouton ou de cylindre. Son empreinte, généralement en terre glaise, sert à fois de mode de fermeture, d’indication de provenance et de marque de contrôle. De Babylone, l’usage du sceau gagne l’Egypte ancienne, bien connue pour ses cachets en forme de scarabée. Des rives du Nil, l’anneau sigillaire, simple et pratique, gagne la Grèce, puis Rome. Il connaît alors un succès fulgurant. Son emploi prédominant ne sera supplanté qu’aux alentours du XIe siècle par l’usage de matrices métalliques de diamètres plus importants pour sceller les documents.
Aujourd’hui, le terme générique de sceau recouvre à la fois la matrice métallique, l’empreinte laissée par cette matrice sur la cire (ou plus rarement le plomb), et le morceau de cire (ou de plomb) qui porte ladite empreinte.
Formes et fonctions: du bon usage du sceau
D’abord l’apanage des rois, princes et hauts dignitaires, ce mode d’identification se généralise dès le milieu du XIIe siècle parmi les nobles et les prélats. Dès lors, l’apposition d’un sceau est nécessaire pour valider les actes officiels, d’ordre public ou privé. Au Moyen Age, il existe une grande variété de sceaux (grand et petit sceau, contresceau, sceau secret, bulle, etc.), employés en fonction de la personne et de la nature des documents à authentifier: par exemple un roi apposera un sceau secret sur sa correspondance privée. Les membres de la haute aristocratie possèdent un grand sceau, souvent équestre, et un petit sceau de voyage. Les femmes et le clergé usent généralement de sceaux ovales, en forme d’ogive ou de navette. Les villes, offices communaux, confréries et les particuliers adoptent à leur tour ces signes de reconnaissance, très en vogue jusqu’au XIXe siècle. L’intervention d’un notaire pour garantir la teneur des actes officiels et privés, ainsi que la valeur accordée à la signature personnelle marqueront le déclin de l’usage du sceau.
Iconographie: une richesse insoupçonnée
Qui dit sceau pense souvent blason. Si les armoiries, nées aux environs du XIIe siècle sur les champs de bataille et dans les tournois par la nécessité de distinguer les chevaliers en armures, ornent la majeure partie des matrices, des sujets religieux ou laïcs forment des compositions très intéressantes. Un seigneur se fera volontiers représenter à cheval, une dame accompagnée de son animal favori, un haut dignitaire de l’Eglise dans l’exercice de ses fonctions. La Vierge à l’Enfant et la kyrielle des saints apparaissent dans une grande variété de scènes.
La sigillographie au service de l’Histoire
Du latin sigillum (qui signifie le sceau, la marque, l’empreinte), la sigillographie se définit comme l’étude de ces documents à la fois écrits et figurés. Cette science auxiliaire de l’histoire fournit d’inestimables informations biographiques et historiques. En effet, destiné à l’authentification des actes, l’usage du sceau engage la responsabilité de son propriétaire. Aussi cet objet est-il fabriqué et conservé avec le plus grand soin. Les mentions des noms, titres et fonctions du possesseur, gravées sur la matrice, sont exactes et mises à jour. Les matrices médiévales sont généralement dotées d’une appendice de préhension en forme d’anneau qui permettent de les coudre aux vêtements. Pertes et vols doivent être dûment signalés aux autorités. A la mort de leur propriétaire, les sceaux sont enterrés avec lui ou officiellement détruits. Un certain nombre de sceaux médiévaux sont heureusement parvenus jusqu’à nous et forment une partie méconnue des collections du Musée monétaire.

