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Napoléon, un destin gravé dans le métal

Le Musée monétaire de Lausanne consacre sa nouvelle exposition temporaire aux médailles. Le choix s'est porté sur les magnifiques exemplaires napoléoniens conservés dans ses collections et jamais exposés à ce jour. Ces souvenirs illustrent avec virtuosité une période mouvementée de l'histoire européenne.

Depuis la Renaissance, des souvenirs européens émettent des séries de médailles commémorant les plus grands événements de leurs règne afin d'impressionner leurs rivaux. Leur puissance politique, culturelle et intellectuelle est alors figurée de manière allégorique ou réaliste.

Cette tradition connaît un nouveau souffle avec Napoléon Bonaparte (1769-1821) qui utilise la médaille pour célébrer ses victoires dès 1796, alors qu'il est nommé général en chef de l'armée française d'Italie.

Dès lors, Bonaparte initie sa propre histoire métallique. Il charge l'artiste et érudit Dominique-Vivant Denon, directeur du nouveau Musée Napoléon au Louvre, de sa réalisation et met à sa disposition les graveurs et dessinateurs de la «Monnaie des médailles». Influencé par le néoclassicisme qui, comme son nom l'indique, prône le retour aux canons esthétiques antiques, Napoléon Ier s'inspire des monnaies impériales romaines pour représenter sa gloire militaire sur les objets commémoratifs. Outre l'aspect artistique, le chef d'Etat français trouve dans la civilisation romaine un modèle correspondant parfaitement à son ambition politique: devenir l'empereur d'Occident. Les références à l'Antiquité s'imposent alors sur les médailles.

Le Musée monétaire expose également plusieurs œuvres relatives à la Suisse, comme celle de la première assemblée du Grand Conseil de l'Etat de Vaud en 1803. L'aigle impériale française tient dans ses serres l'Acte de Médiation rédigé par Bonaparte à Paris. La médaille dévoile ainsi le rôle important de ce personnage dans l'histoire cantonale vaudoise.

Dans le cadre de cette thématique, le Musée monétaire expose un nombre important de pièces issues des prestigieuses collections de Jean-Daniel Gindroz et de Louis Levade, acquises par l'Etat de Vaud dans la première moitié du XIXe siècle.

Un document du même nom accompagne l'exposition: C. RAEMY TOURNELLE et al., Napoléon, un destin gravé dans le métal, Lausanne, 2011, 102 p. CHF 12.-- + frais d'envoi.