Char de côté

Le curieux système « de côté » semble avoir été dicté à la construction par la rareté et le cherté des fers de qualité, le poids de l’ensemble bien diminué par la construction en bois et peut-être aussi par la tradition. Le châssis ne se distingue d’un char de l’époque que par ses dimensions, sa suspension et le soin de sa réalisation. Notons que cette voiture pourrait s’atteler à deux chevaux pour les longs déplacements ou les parcours accidentés. Le système de freinage actuel n’est pas d’origine. Il a remplacé le système d’enrayage dont on voit le support sur l’essieu à l’arrière.

Les roues ont été (à l’exception de deux moyeux) refaites et même probablement plusieurs fois, les roues gauches une fois de plus que les droites d’où leur diamètre inférieur (l’artisan raccourcit les rayons  quand seul le bout est abîmé). La fatigue précoce des roues gauches s’explique par le déséquilibre en charge de la voiture.

La caisse est construite en bois avec quelques renforts en fer dans les soubassements, la portière ne s’ouvre que de l’intérieur (une poignée extérieure aurait pu accrocher). Le haut se présente comme une capote  que l’on peut rouler par beau temps voire démonter entièrement, mais c’est délicat et le remontage est fastidieux. Le vitrage avant est le fruit d’une transformation postérieure en vue d’éclairer l’intérieur, de surveiller le cocher et de pouvoir lui donner des ordres par le petit carreau ouvrant.

Ce char a été restauré le plus près possible de l’origine en l’an 2000 par Pierre Chappuis, ébéniste à Crissier. Le garnissage intérieur est l’œuvre de Claude Richard, décorateur d’intérieur.